Retrouvez-nous sur notre nouveau site internet :
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à bientôt,
Delphanne
Mindfulness à Paris
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APPRIVOISER LE STRESS PAR LA PLEINE CONSCIENCE
Groupe MBSR (8 semaines)
Du 18 octobre au 6 décembre 2011
Animé par Anne Fischler et Delphine Rochet
« La méditation ne consiste pas à essayer d’atteindre l’extase, la félicité spirituelle ou la tranquillité, ni à tenter de s’améliorer. Elle consiste simplement à créer un espace où il est possible de déployer et défaire nos jeux névrotiques, nos auto-illusions, nos peurs et nos espoirs cachés. »
DEPLOYER SES RESSOURCES FACE AU STRESS
Laisser le stress s’installer, c’est comme conduire une voiture dont nous n’avons plus les commandes : nous nous épuisons sans réussir à mobiliser notre énergie dans une seule direction.
REPONDRE EN CONSCIENCE AUX EVENEMENTS DE LA VIE
La pratique de la Pleine Conscience permet d’entrer en relation avec ce qui se passe réellement dans nos vies, en favorisant la conscience de soi.
Elle permet de marquer une pause, de créer un espace pour entrer en contact avec la réalité du moment présent.
Nous apprenons ainsi à connaître nos phénomènes intérieurs.
Grâce à cela, nous pouvons répondre à une situation extérieure de manière consciente et libre, au lieu de fonctionner sur un mode de réaction automatique.
Nous évitons alors deux écueils majeurs : le risque d’ignorer ce que nous ressentons et celui d’être submergés par ce qui nous arrive.
« Lorsque nous nous engageons à ” prêter attention “, avec un esprit ouvert, dénué de tout préjugé, en faisant abstraction de nos sympathies ou de nos antipathies, de nos projections et de nos espoirs, de nouvelles possibilités s’ouvrent à nous qui nous permettent de nous libérer de la camisole de force de l’inconscient. » Jon Kabat-Zinn
L’EXERCICE DE LA PLEINE CONSCIENCE PERMET DE
INFORMATIONS PRATIQUES
Le programme MBSR se déroule de la manière suivante :
Participation : 500€.
Demande d’inscription au 01 55 31 95 96 ou 06 64 30 54 38
Espace Théra, 87 rue Saint-Lazare, 75009 Paris
Nous vous fournirons les codes d’entrée lors de votre inscription
La pleine conscience ou Mindfulness, est une approche inspirée du bouddhisme et de recherches scientifiques récentes, mettant en avant que l’attention porté au présent est un facteur de soin.
Jon Kabat-Zinn, a été le premier à introduire la méditation dans le champ médical et a développer un protocole structuré et validé scientifiquement permettant de prévenir le stress et les troubles associés : la Mindfluness-based-stress-reduction, MBSR.
Depuis 1979, la mindfulness s’est vu décliné à la prévention de nombreux troubles dans divers populations. Ainsi, la MBCT (mindfulness-based-cognitive-therapy) est une méthode de prévention de la rechute dépressive inspiré du protocole MBSR qui a été développée par une équipe de psychologues cognitivistes canadiens dont Zindel Segal est une figure.
Et tout récemment, Alan Marlatt a adapté un protocole pour la prévention de la rechute addicitive.
Il y a donc trois grands protocoles médicalement reconnus : l’un pour le stress, le second pour la dépression, et le troisième pour les addictions. Ces protocoles sont des thérapeutiques à valeur préventive. c’est-à-dire qu’ils sont mobilisés pour des personnes déjà stabilisées dans le cadre de la mise en place d’une hygiène de vie, d’une discipline propice au maintien de la bonne santé. Il n’est donc pas question de faire faire de la Mindfulness à des personnes en situation de souffrance aigües.
En France, la MBCT est le protocole principalement pratiqué dans les hôpitaux, en raison du lien qui existe entre cette méthode et les thérapies cognitivo-comportementales (mbCT = Cognitive Therapy). Toutefois, ce lien est discuté car certains praticiens estiment que la méditaiton n’appartient à aucun courant..à suivre !
La MBSR se dispense principalement en libéral et commence à prendre sa place en entreprise.
Quant à la MBRP commence tout juste à être introduite à titre expérimental dans certains hôpitaux pionniers.
De plus, il y a aussi des psychothérapies inspirées par la pleine conscience comme celle de Marsha Linean qui s’est avéré particulièrement efficace pour le trouble de personnalité Borderline.
Ces nouvelles approches puisent leur source d’inspiration dans des traditions orientales et sont aujourd’hui tout à fait validées et étayées par des résultats et des données scientifiques.
Pour les curieux, voila une très bonne émission avec Nicolas d’Inca en invité vedette qui nous fait état des liens actuels entre les deux disciplines dans le champ de la santé mentale :
régalez-vous !
Delphanne
Chers amis,
Voilà le tout jeune site de l’association Jeunes&Psy qui a organisé l’an dernier le colloque sur “Au-delà du Moi : la liberté ?” dont avions parlé ici-même.
Si vous êtes intéressés par les liens entre la Psychologie, la Philosophie et la Médiation, vous trouverez prochainement les informations sur les conférences qui auront lieu à Paris XIIe dès le mois de Septembre 2011.
Bonne visite,
Delphanne
Article paru dans Bouddhisme Actualité, Juin 2011.
Psychologie & Méditation rencontre Delphine Rochet, psychologue clinicienne, titulaire d’un Master de philosophie, pratiquante de la méditation. Parmi les premières psychologues françaises à être formée à la MBSR (Mindfulness Based Stress Reduction), la technique de réduction du stress par la pleine conscience développée aux Etats-Unis par Jon Kabat-Zinn. Dirigeant dans un cabinet à Paris des groupes de MBSR, elle nous présente les principes et les applications de cette technique.
Nicolas d’Inca : Qu’est-ce que la MBSR ?
Delphine Rochet : L’approche de la mindfulness consiste à développer une attention dans le présent permettant de développer une attitude de non-jugement et d’auto-observation qui favorise la conscience de soi. C’est une pratique méditative allégée et laïcisée. La MBSR est spécifiquement utilisée pour la réduction du stress. Il s’agit de suivre un protocole en groupe de huit semaines : une séance hebdomadaire de 2h30, des exercices quotidiens à faire chez soi à l’aide d’un manuel et d’un CD, ainsi qu’une journée en silence. Cette technique allie différents outils comme la méditation assise, le body scan (ou balayage corporel), la pratique du yoga et du qi-gong, la méditation marchée…
La MBSR s’adresse spécifiquement aux gens touchés par le stress, atteints de troubles anxieux, ceux qui ont des douleurs chroniques, ou des troubles psychosomatiques (psoriasis, eczéma, troubles intestinaux ou du sommeil). Elle est contre-indiquée dans le cas de troubles psychopathologiques trop graves comme la psychose, le trouble de personnalité borderline, ou un épisode dépressif majeur en cours. En effet, c’est une technique d’exposition aux phénomènes intérieurs qui requiert une certaine stabilité, un socle intérieur. C’est pourquoi le groupe est si important car il est à la fois un soutien et un moyen de se rendre compte que les autres sont essentiellement touchés par les mêmes difficultés que nous. Chaque personne souhaitant participer à un groupe est d’abord reçue pour un entretien préliminaire d’évaluation.
Pourquoi vous êtes-vous tournée vers cette pratique ?
C’est une méthode qui m’a permis de réunir deux champs d’intérêt qui étaient vraiment importants pour moi, à savoir la pratique clinique et la méditation. J’ai entendu parler de la Mindfulness par une amie très chère, Manuela Santa-Marina, qui se formait auprès de Christophe André à l’hôpital Saint-Anne alors que j’étais étudiante en psychologie et que je pratiquais la méditation. Parler de méditation à l’université était difficile, car c’était assez vite connoté négativement : infondé scientifiquement, New Age, spirituel. C’est pourquoi la MBSR telle qu’elle a été pensée par Jon Kabat-Zinn a permis de revaloriser la pratique de la méditation aux yeux des cliniciens et des universitaires. En effet, les études scientifiques ont permis d’en objectiver les effets et de la laïciser pour l’introduire dans le champ médical.
En quoi consiste la formation ?
Le prérequis le plus fondamental pour pouvoir instruire cette méthode est d’être soi-même pratiquant de méditation. Ce point est vraiment très important parce que tout repose sur la dimension expérientielle de l’approche. Lire quelques livres sur la mindfulness peut donner des perspectives intérieures mais ce n’est pas suffisant pour goûter les fruits de ce que la méditation peut apporter dans la vie en terme de santé mentale. Le protocole des huit semaines MBSR mis en œuvre par Kabat-Zinn repose sur l’expérience, nous demandons aux patients de s’astreindre à des exercices quotidiens. Il faut donc pouvoir soutenir et contenir leurs questionnements, leurs expérimentations. Si nous-mêmes n’en avons pas fait l’expérience, nous ne sommes pas au courant de ce que nous leur demandons et ne pouvons pas leur être d’une grande aide. Cette exigence de pratique personnelle est un des éléments qui garantissent selon moi le sérieux de la méthode, elle responsabilise les praticiens par rapport à leur propre pratique.
La formation en elle-même est un cursus en cinq étapes qui a été mis en place par l’équipe du centre de Mindfulness de l’école de médecine de l’université du Massachussetts (Umass) où tout a commencé avec Jon Kabat-Zinn en 1979.
Ce programme a donc l’air adapté à des bouddhistes ?
L’idée est justement que ce soit laïc, accessible, hors de tout cadre de référence. Nul n’est obligé d’adhérer à une quelconque doctrine. Il s’agit de dispenser des outils et de proposer une manière de se relier à soi. C’est ce point qui compte. La démarche spirituelle n’est pas le propos.
Concrètement, comment la MBSR aide à lutter contre le stress ?
La compréhension que j’en ai est que cela permet de développer un nouvel espace en soi, intermédiaire entre les événements intérieurs et le comportement développé dans la vie. Cela permet de sortir du « pilote automatique », le fait d’être toujours sur un mode de fonctionnement habituel ou conditionné. Le point de départ est le fait de s’asseoir, de prendre un temps pour soi et ainsi offrir un espace qui permet aux phénomènes intérieurs de se déployer.
Cette dimension d’espace en psychologie a été bizarrement très peu travaillée. Elle est cependant fondamentale ?
Je crois justement que la Mindfulness touche cela en plein coeur. Toutes les formes de psychothérapies ouvrent un espace. Mais l’espace n’est pas thématiquement travaillé dans les autres approches. Ici, c’est à mon sens un des ingrédients thérapeutiques majeurs, en tant qu’ouvrir un espace permet une nouvelle marge de manœuvre dans notre rapport à nous-même, aux autres et au monde.
Cet espace, par la prise de contact et l’observation, permet de donner une place à la liberté. En effet, pouvoir prendre conscience de l’agitation de l’esprit par exemple, permet d’en être un peu moins esclave car nous sommes moins identifiés à cette agitation. Cela ne change pas pour autant la réalité : l’esprit est agité car il est ainsi fait, les émotions et les pensées sont toujours là, et nous serons encore soumis à la peine et à la mort. C’est la donne d’être humain ! Mais peut-être que par la méditation il s’agit justement d’apprendre à être vraiment humain c’est-à-dire apprendre à faire l’épreuve de notre liberté.
L’espace est une dimension cachée de la réalité, qui se trouve entre le psychique et le monde, et à part certains psychanalystes anglo-saxons comme Winnicott, il n’y a pas eu beaucoup de travaux consacrés à cette dimension ?
Tout à fait, d’ailleurs la référence à Winnicott est pour moi très importante car on peut penser la méditation comme un prolongement du concept de holding, la mère contenant son enfant. On identifie bien cette nécessité pour un être humain d’être contenu dès sa naissance, et peut-être que devenir adulte passe par le fait d’apprendre à se contenir soi-même. En développant cette qualité de contact à soi-même et aux choses telles qu’elles sont, nous devenons plus familier avec ce qui se passe. Se relier à la réalité directe des phénomènes intérieurs permet de les toucher à la racine. Si nous sommes anxieux par exemple et que nous pouvons simplement le reconnaître alors nous ne sommes plus immédiatement pris dans l’angoisse de l’angoisse. Nous appréhendons l’angoisse directement ce qui permet déjà de réduire le niveau de souffrance, de stress, de réactions conditionnées.
La mindfulness est une technique thérapeutique très confrontante. De ce point de vue, la MBSR est une proposition radicale par rapport à d’autres approches thérapeutiques. Nous ne cherchons pas à changer les choses ou atteindre un résultat. Il y a là un paradoxe profond : faire l’épreuve de la réalité telle qu’elle est nous ouvre une perspective de transformation. Tenir la posture, tenir ce rapport direct aux choses, à soi et au monde est le défi que nous devons relever dans la méditation.
Propos recueillis par Nicolas d’Inca
Pour tout renseignement :
http://delphanne.wordpress.com/
Psychologie & Méditation
Par Nicolas d’Inca, psychologue clinicien, doctorant en psychanalyse à l’Université de Paris, pratiquant au sein de l’Ecole Occidentale de Méditation.
Rendez-vous sur http://psychologie-meditation.blogspot.com
Hier soir, lors de notre 3è séance MBSR, nous avons exploré ensemble ce qui rend un événement agréable, comment notre corps répond à cette expérience d’agréabilité… Comment le plaisir se manifeste-t-il? Et bien, le plus souvent, par des réponses physiques naturelles comme le sourire, dont les pouvoirs insoupçonnés vous surprendront peut-être…
Ron Gutman, dans la vidéo ci-dessous, nous raconte comment un simple sourire est en fait un super pouvoir hyper puissant!
Découvrez tout cela en images…
Puis intégrez cette nouvelle appréhension du sourire dans votre pratique de Pleine Conscience : qu’est ce qui me fait sourire? Comment est-ce-que je sens mon visage bouger, changer lorsque je souris? Comment ça fait à l’intérieur, dans le reste du corps, quand je souris? Comment ça fait à l’extérieur : quels effets pour les personnes autour de moi ou sur ma perception de l’environnement?
Goûtez pleinement au plaisir de votre propre sourire, et souvenez-vous de ce que nous dit Ron Gutman : un sourire apporte l’équivalent en plaisir de 2000 barres chocolatées!!! (les calories et l’indigestion en moins)
Bon voyage sur la route de la Pleine Conscience,
Delphanne
Entretien exclusif avec Jon Kabat-Zinn
Bouddhisme Actualités N°132, Février 2011
Lors du 3e Forum “Bouddhisme et Médecine” (1) organisé par Rigpa à Lerab Ling en octobre 2010, le scientifique américain Jon Kabat-Zinn nous a fait l’honneur d’une interview exclusive. Celui qui refuse qu’on le présente comme un pionnier dans l’introduction de la méditation dans un contexte séculaire, préfère qu’on parle de lui comme de quelqu’un qui aime ce qu’il fait. Devant notre insistance à lui reconnaître ce rôle de pont entre les traditions, il met l’accent sur les forces à l’œuvre dans le monde pour que la méditation se répande. « Cela ne dépend pas d’une seule personne, je ne peux donc ni détruire, ni sauver le dharma », nous confie-t-il, ce qui l’amuse beaucoup. Rencontre avec un homme impertinent et sa vision.
Nicolas d’Inca : Faites-vous une distinction entre le dharma et le bouddhisme ?
Jon Kabat-Zinn : Figurez-vous que j’ai posé la même question à Sa Sainteté le Dalaï Lama, sur la scène de la 13e rencontre du « Mind & Life Institute », à Washington, en novembre 2005. Je lui ai demandé s’il opérait une différence entre bouddhadharma et dharma universel. Et il a répondu non. Je me doutais de sa réponse, mais je voulais que les trois mille personnes présentes entendent qu’il n’y a fondamentalement aucune différence : le dharma est le dharma. S.S.D.L. disait aussi : chaque fois que nous apprenons quelque chose de bon pour l’humanité, il nous faut trouver les moyens habiles pour le partager au mieux. Ce n’est pas comme si nous essayions de revendre aux gens une espèce de bouddhisme déguisé. Juste le pur dharma.
ND : C’était le fond de ma question : peut-être les gens vont-il commencer le programme de Réduction du Stress par la Pleine Conscience (MBSR), puis ils voudront méditer, et alors où iront-ils ? Dans des centres bouddhistes.
JKZ : Oui, c’est vrai que nous envoyons nombre de nos patients méditer dans des centres de retraites bouddhistes. Mais alors, ils sauront que la statue du Bouddha sur l’autel n’est rien qu’une statue. On peut parler du Bouddha non seulement comme du « médecin du monde », mais comme d’un vrai scientifique, un génie intéressé par le fonctionnement de l’esprit. Il n’avait à son époque aucune de nos machines sophistiquées pour l’imagerie cérébrale ou la génétique moléculaire, il avait juste son corps et son esprit. Il a donc calibré son esprit, comme pour une expérimentation, il l’a stabilisé avant de commencer son investigation sur la nature de l’expérience. Qui ressent de la douleur ? Qui perçoit ? Chacun devient plus curieux sur son propre être par la méditation.
ND : La question de savoir qui fait l’expérience est-elle en soi scientifique ?
JKZ : Non, c’est avant tout une question expérientielle, mais aujourd’hui on peut placer quelqu’un dans un scanner et voir ce qu’il fait durant sa pratique, dans son cerveau même. Voilà les études que l’on a menées sur Matthieu Ricard, qui a commencé comme biologiste moléculaire avant de devenir moine et qui redevient un scientifique à travers ce travail. Nous avons donc des gens qui sont d’excellents rapporteurs « à la première personne », ils peuvent finement décrire leur expérience, et en même temps nous pouvons observer « à la troisième personne » avec les machines, d’un point de vue extérieur.
ND : Ce que vous dites me rappelle Francisco Varela.
JKZ : Oui, c’était son idée. Nous lui devons tout. Francisco était un être remarquable, un polymathe, un génie dans plusieurs domaines : immunologie, phénoménologie, neurosciences et méditation. Il a été l’élève d’Urgyen Tülku, ayant appris la méditation avec Chögyam Trungpa.
ND : Dans votre présentation lors du forum vous parliez des « aimants à duhkha » que sont les écoles ou les hôpitaux. Mais comment travailler avec la douleur dans le monde, devenu lui-même aimant à duhkha dans son ensemble ?
JKZ : Cela dépend principalement de ce que vous aimez. Car personne ne va pas se charger de tout le boulot… Du moins, jusqu’au prochain bouddha ! Vous devez donc commencer par vous poser la question : qu’aimez-vous le plus ? Je n’ai pas raconté toute mon histoire, mais vous savez, cela m’a pris dix ans de méditation avant de trouver quelle était ma fonction sur cette planète. Dix ans qui se sont concrétisés en dix secondes de vision à propos de la MBSR, lors d’une retraite. Ma stratégie lors de cette conférence donnée à huit cents personnes était de les faire s’interroger sur ce qu’ils aiment. C’est particulièrement vrai avec le dharma, qui touche votre propre pratique. Le Bouddha ou n’importe quel maître zen vous le diront : vous devez le faire par vous-même. Le Bouddha n’était pas bouddhiste.
ND : Il faut avant tout être soi-même, c’est un point intéressant. Il n’y a donc pas de danger d’altérer la tradition ?
JKZ : Je pense que le dharma prend soin de lui-même. J’ai posé cette question à de nombreuses personnes qui vivent et travaillent avec le dharma, sur le plan de l’érudition comme de la pratique : doit-on se soucier de la corruption le dharma ? Si vous suivez son histoire, le dharma a été corrompu de nombreuses fois, il y a eu des périodes de déclin où il ne s’agissait plus du dharma véritable. Mais il a survécu malgré tout. Ce serait une incroyable hybris (orgueil en grec, nda) de croire que l’on possède ce pouvoir de protéger ou détruire le dharma. Le plus important est de ne pas tomber dans l’illusion, de ne pas se tromper soi-même sur le fait que l’on enseigne le dharma alors qu’il s’agit d’anti-dharma. Il faut être bien assis, solidement ancré dans votre propre pratique et échanger avec les pratiquants de longue date, les enseignants authentiques ; alors c’est votre responsabilité d’incarner votre compréhension des enseignements. Le meilleur moyen de partager avec les gens est votre manière de vivre. Vous n’avez même pas à enseigner. Regardez Matthieu Ricard, ce n’est pas un maître de méditation, il ne l’enseigne pas… il l’incarne.
Cependant, un réel danger dont je parle peu est l’intérêt actuel des gens pour la méditation. Cela devient sexy ! Particulièrement en psychologie, les gens se disent : il faut que je devienne enseignant de mindfulness (pleine conscience). En huit semaines ou même en huit minutes, ils pensent avoir tout compris ! Être dans le moment présent, ne pas juger ses pensées, pas de problème, je suis déjà plus ou moins comme ça, donc je n’ai pas besoin de pratiquer mais je peux l’enseigner aux autres ! Quoi qu’ils fassent, ce n’est pas de la pleine conscience, et là se trouve un grand danger. Il faut vraiment rappeler aux gens : vous devez pratiquer. Il n’est pas possible de se contenter d’être thérapeute et d’enseigner la méditation, vous devez le faire vous-même, comme un débutant. Pratiquer tous les jours, mais aussi partir en retraite pour connaître de longues périodes d’assise, afin que lorsque vous en parlez ce n’est pas en répétant ce que vous avez appris la veille, mais cela vient de la moëlle de vos os.
ND : N’est-ce pas un problème actuel en France, où les gens sont des nouveaux venus en méditation ?
JKZ : Oui, ils doivent être patients. Ils n’ont pas à transformer la France en Nation de la Pleine Conscience en un mois, vous savez ! Ni même en un an, ou dix ans… La patience est cruciale, à moins de vouloir trahir le dharma, ce qui n’est pas une très bonne idée pour son karma. Il est préférable que les gens aillent doucement, qu’ils bâtissent de solides fondations en eux-mêmes, dans leur cœur, par leur pratique. Alors face à quelqu’un qui souffre, ils sauront que tout d’abord, il n’y a rien à faire. Un autre point problématique à soulever est ce qu’on pourrait appeler le « mode réparation », qui est l’enjeu en médecine comme en psychologie, où l’on veut guérir les gens.
ND : Quand quelqu’un souffre, on veut tout de suite qu’il en sorte, sans le laisser faire l’épreuve de sa propre souffrance.
JKZ (en français) : Vous comprenez.
ND : C’est mon travail de tous les jours comme psychologue.
JKZ : Oui, mais quand même, c’est bon pour moi d’entendre ça. Merci.
Propos recueillis par Nicolas d’Inca
Sites français de mindfulness :
http://association-mindfulness.org/
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(1) Voir aussi Bouddhisme Actualités N°129, Nov 2010, «Bouddhisme et Médecine avec Sogyal Rinpoché»
4 janvier 2010 – La thérapie cognitive basée sur la méditation de pleine conscience serait aussi efficace qu’un antidépresseur pour prévenir une récidive chez les personnes traitées pour une dépression.
Bonne lecture !
Delphanne
Vous trouverez ici la Synthèse de la Journée d’Etude Interdisciplinaire sur la Pleine Conscience qui a eu lieu à Paris le 26 septembre 2010 avec Ilios Kotsou, Claude Maskens, Christophe André, Thierry Janssen, Guido Bondolfi, Matthieu Ricard.
Journée d’étude sur la Pleine Conscience